Jetons de l'Ancien Régime

Jetons de l'Ancien Régime

Album photos - Images



Louis XIV - Trésor royal
Louis XIV - Trésor royal :



cuivre ; 27,5 mm

atelier : Monnaie du Louvre ; graveur : Charles-Jean-François Chéron

daté .1680. ; non signé

variante de F.1890 / variante de L.1653 / G.P.344c

collection personnelle



a/ tête adulte laurée de Louis XIV à droite ;


titulature " LVD.XIIII.D.G. - .FR.ET.NAV.REX. "



r/ un soleil personnifié dardant ses rayons sur le globe terrestre ; à l'exergue sur deux lignes " .TRESORROYAL. / .1680. " ;


légende " .DITAT - INEXHAVSTVS. "



Ce jeton présente une variante d'avers par rapport au type de référence. Les types référencés 1890 chez Feuardent et 1653 chez Laurençot sont en effet signés d'un .C. sous le portrait du roi. C'est d'ailleurs le rapprochement avec ces exemplaires signés qui permet d'attribuer ce très beau portrait adulte du roi à Charles-Jean-François Chéron. Le Trésor royal avait pour principale prérogative de centraliser les recettes de l'état issues des revenus domaniaux et des diverses taxes & impôts et d'organiser leur redistribution aux administrations chargées de gérer les dépenses de l'état et du roi. C'est Philippe IV le bel qui est à l'origine de la création de la Chambre du Trésor royal ; d'abord par la création en 1295 de la charge de trésorier de France, mais surtout par le transfert en 1302 de son trésor, confié jusque là à la garde des chevaliers du Temple, vers le château du Louvre. Ce geste politique fort institua de fait la mainmise directe du roi sur les finances de l'état avec l'aide des trésoriers de la Chambre du Trésor.




Office de la vènerie - service des prises
Office de la vènerie - service des prises :



cuivre ; 23 mm

atelier : Tournai ; graveur indéterminé

non daté ; non signé

L.2691

collection privée



a/ les lettres M P en majuscules onciales sous une fleur de lys ;


anépigraphe



r/ un écureuil marchant à gauche la queue ramenée au-dessus du dos sous une fleur de lys ;


anépigraphe



Le service des prises dépendait de l'Office de la vènerie, qui, sous l'Ancien Régime faisait partie de la Maison du Roi et avait pour prérogatives de gérer les domaines alloués aux chasses royales et le cheptel de gibier qui s'y trouvait. Les officiers de la vènerie étaient également mandatés pour lutter contre le braconnage et avaient droit de justice en ce domaine. Les jetons de l'Office de la vènerie constituent une série réduite où sont figurés les types de gibier appréciés à l'époque ( cerf, sanglier, lièvre, loup & ours). Toujours anépigraphes, ces jetons apparaissent au début du XIVème siècle sous le règne de Philippe VI qui, en réorganisant les services de la Maison du roi y adjoignit l'Office de la vènerie. Leur usage a au moins perduré jusqu'à la fin du XVème. Les lettres MP figurant à l'avers de ce jeton pourraient être les initiales du grand veneur en charge ou de l'officier responsable du service des prises mais ces dernières ne correspondent à aucun personnage connu dans les listes lacunaires dont nous disposons.




Louis XIII - buste juvénile
Louis XIII - buste juvénile :



laiton ; 27 mm

atelier : Monnaie du Louvre ; graveur indéterminé

non daté ; non signé

L.17977 / G.P.98c

collection H. Maurille



a/ buste juvénile de Louis XIII à droite, cuirassé & drapé et portant un masque de lion sur l'épaule, le cordon de l'Ordre du saint esprit et un col en dentelle ;


légende " .GRATVM.QVO.SOSPITE.COELVM. " avec un rinceau floral sous le buste interrompant la légende.



r/ une grande couronne fermée posée sur un piédestal inscrit " LVDO / VICVS / XIII " ;


légende " GALLIA. - FVNDATA "



Sans être rare, ce jeton est cependant inédit chez Feuardent & Marinèche mais est repris par Laurençot. Bien que n'apparaissant que sur des types sans millésime, le buste ornant ce jeton a pu être daté par comparaisons par Guéant & Prieur aux alentours de 1630.




Nicolas Hector, prévôt des marchands de Paris
Nicolas Hector, prévôt des marchands de Paris :



laiton ; 28 mm

atelier : Moulin des étuves ; graveur indéterminé

non daté ; non signé

F.3482 / M.1090 / L.3622 / C.2333

collection personnelle



a/ une grande nef à gauche aux voiles carguées guidée par un marin debout à la proue tenant une boussole ; en arrière-plan, une côte rocheuse sous un ciel étoilé et à gauche une étoile plus grande dardant ses rayons ;


 légende " STELLA.REGIT.NAVTAS.DNI.MADATA.MINISTROS " avec rose initiale



r/ Nicolas Hector assis à gauche, coiffé d'un pétase et tenant un gouvernail du bras gauche, la main droite posée devant lui sur une table portant un coffret (?), au-dessus, une étoile à cinq rais dans les nuées ; à l'exergue, deux rameaux posés en sautoir ;


légende " DVM.CLAVVUM.RECTVM.TENEAM. "



Bien que ne portant ni nom ni armoiries, ce jeton peut être attribué à Nicolas Hector seigneur de Perreuze avec une quasi certitude. Ce dernier a en effet fait frapper cinq autres types de jetons où figurent son nom, ses armes, ses initiales ou une combinaison de ces éléments et dont trois présentent ce même revers agrémenté de la devise " DVM CLAVVM RECTVM TENEAM ". Ces cinq types présentent des dates s'échelonnant de 1586 à 1588, période durant laquelle Nicolas Hector occupa la charge de prévôt des marchands de Paris. Il est d'autant plus logique de dater ce jeton de ce même intervalle ; ce que corrobore la présence de la nef parisienne à l'avers, rappelant la fonction municipale dont Nicolas Hector était alors nanti. De Nicolas Hector on sait peu de choses hormis qu'il fut conseiller du roi en son Conseil d'état, qu'il accéda en 1567 à la charge de maître des requêtes de l'Hôtel du roi et qu'il fut prévôt des marchands de Paris de 1586 à 1588. On sait aussi qu'il fut démis de cette charge en mai 1588 et fut emprisonné jusqu'en juillet de la même année puis fut banni de la capitale sans qu'on en connaisse la raison précise. Mais vu le climat politique de l'époque, où le pouvoir du roi était disputé par les ligueurs, il n'est pas déraisonnable de penser que sa fidélité au roi joua un rôle dans sa disgrâce.




Artillerie
Artillerie :



cuivre ; 28,5 mm

atelier : Monnaie du Louvre ; graveur : Joseph Charles Roëttiers

daté 1734. ; signé JCR

F.1079 / G.P.556c / L.875a

collection personnelle



a/ buste juvénile de Louis XV à droite, cuirassé, habillé et les cheveux noués par un ruban ; signature " JCR " en lettres cursives dessous ;


titulature " LUD.XV.REX - CHRISTIANSS. "



r/ Pallas cuirassée et casquée à l'antique le bras gauche appuyé sur un grand bouclier à tête de Gorgone et tenant une haste, désigne du bras droit tendu deux ouvriers en train de poser des canons sur leurs affûts à l'aide d'une chèvre ; à ses pieds, des boulets disséminés & une bombarde et derrière elle des tonneaux de poudre ; à l'exergue sur deux lignes " ARTILLERIE / 1734. " ;


légende " SI VIS PACEM PARA BELLUM "



Le très beau buste de Louis XV ornant ce jeton apparaît en 1732. Avant sa militarisation par Louvois en 1668, l'artillerie était confiée à des entrepreneurs civils qui fournissaient contre rémunération le matériel et les hommes par batterie complète. Avec Louvois, l'artillerie devient partie intégrante de l'armée et est protégée par le régiment des fusiliers du roi. Les grades y sont plus accessibles aux roturiers que dans les autres régiments et l'avancement y est donné au mérite . Cependant, le matériel est très disparate et peu fiable. Mais au cours du XVIIIe siècle, l'uniformisation et la modernisation de l'artillerie ainsi que la professionnalisation de son contingent feront de l'artillerie française la première en Europe. C'est cette supériorité qui expliquera les victoires de la révolution et, plus tard, celles du premier empire.




Chambre aux deniers
Chambre aux deniers :



laiton ; 27 mm

atelier : Moulin des étuves ; graveur indéterminé

daté .1601. ; non signé

F.2309 / M.1069 / L.2092

collection personnelle



a/ écu couronné aux armes de France ceint des deux colliers des Ordres du roi ;


légende " CHAMBRE.AVX.DENIERS.DV.ROY "



r/ entre des nuées, un soleil dardant ses rayons à travers une grande loupe et allumant un feu dans un paysage de prairies ; date " .1601. " à l'exergue ;


légende " .FORTIORES.REDDO.RECEPTOS. "



Comme de nombreux jetons du règne, celui-ci, bien que non signé, pourrait être dû au stylet de Nicolas Briot. l'interprétation symbolique de la scène de revers ainsi que son lien avec la Chambre aux deniers et ses prérogatives reste à ce jour un mystère. Instituée dès le règne de Louis IX, la Chambre aux deniers avait en charge les dépenses personnelles du roi ou plutôt de l'Hôtel du roi. Les dépenses des offices, Paneterie, Échansonnerie, Cuisine, Fruiterie, Écurie et Fourrière, étaient réglées par la Chambre aux deniers qui se faisait délivrer des fonds par la Chambre du Trésor en fonction de ses besoins.



 


États du Languedoc
États du Languedoc :



argent ; 30 mm

atelier : Monnaie de Paris ; graveur : Nicolas Gatteaux

daté 1787 ; signé GATTEAUX.

F.11006 / L.10606 / G.P.742p / D.343 / P.149

collection personnelle



a/ tête nue de Louis XVI à droite ; signature " GATTEAUX. " le long du listel ;


titulature " LUD.XVI.REX.CHRISTIANISS. "



r/ écu aux armes du Languedoc dans un cartouche parcheminé orné de guirlandes florales et timbré d'une couronne comtale à neuf perles ;


légende " COM.OCCIT.1787 "



Ce jeton a été frappé en argent à 3700 exemplaires seulement. Le buste ornant l'avers de ce jeton apparaît en cette même année 1787 et ne semble avoir été utilisé que sur des jetons des États généraux de diverses régions. L'écu du revers est celui du Languedoc qui porte de gueules à la croix de Toulouse d'or. Comme toutes les tenues des États du Languedoc depuis 1737, celle-ci eut lieu à Montpellier.




Elisabeth d'Autriche, reine douairière de France
Elisabeth d'Autriche, reine douairière de France :



laiton ; 28 mm

atelier : Monnaie du Louvre ; graveur indéterminé

daté 1584 ; non signé

F.11750 / M.1000-1089

collection personnelle



a/ écu couronné aux armes d'Élisabeth d'Autriche en tant que reine de France encadré de deux rameaux de laurier liés par la tige ;


titulature " YSABEL.P.L.G.D.DIEV.ROYNE.DOVAIRIERE.DE.FRANCE. "



r/ une colombe à l'envol posée sur une palme fichée dans un tronc brisé, au-dessus dans des nuées, une couronne entourée de sept étoiles ; date " 1584 " à l'exergue ;


légende " REGNAT DEVOTA DEOMENS "



Ce jeton existe également en argent aux millésimes 1584 & 1585. Fille de Maximilien II du saint empire et de Marie d'Autriche, Élisabeth naît le 5 juillet 1554 avec le titre d'archiduchesse d'Autriche. Après deux projets d'union non aboutis avec Frédéric II du Danemark et Sébastien Ier du Portugal, ses parents acceptent l'idée d'une union entre Élisabeth et le jeune Charles IX proposée par la France en 1569. Par cette union, la France espère d'une part renforcer sa position face à l'Espagne et l'Angleterre et, d'autre part conforter sa catholicité alors que les guerres de religions fragilisent le royaume depuis plusieurs années. Un premier mariage par procuration se tient le 22 octobre 1570 à Spire en Allemagne et le 4 novembre suivant, Élisabeth quitte le territoire du saint empire pour se rendre à Sedan puis à Mézières où aura lieu le 26 novembre 1570 le mariage officiel sous l'égide du cardinal de Bourbon. Le 25 mars 1571, Élisabeth est sacrée reine de France en la cathédrale de saint Denis et son entrée triomphale dans Paris est grandiose. Reine d'un peuple dont elle ne parlait pas la langue, Élisabeth ne joua aucun rôle politique. Le
, elle donne naissance à une fille, Marie-Élisabeth de France. Après la mort de son époux en 1574, âgée de seulement 20 ans et n'ayant pas donné de descendance mâle à la Couronne, elle n'a plus aucun rôle à jouer à la cour et décide de repartir pour Vienne. Elle fait ses adieux à sa fille qu'elle ne reverra plus jamais puisque celle-ci meurt de maladie deux ans plus tard à l’âge de cinq ans. Élisabeth quitte définitivement la France début décembre 1575 et s'installe de nouveau à Vienne. Décidée à mener une vie simple et pieuse, elle se retire au couvent des Clarisses qu'elle a fondé à Vienne et y décède le 22 janvier 1592. En tant que reine de France, Élisabeth d'Autriche portait un parti de mi-parti de France, qui est d'azur aux trois fleurs de lys d'or et écartelé en 1 et 4 de gueules, au lion d'argent à la queue fourchée passée en sautoir, couronné, armé et lampassé d'or et en 2 et 3 fasce de gueules et d'argent, sur le tout parti de gueules à la fasce d'argent et bandé d'or et d'azur à la bordure de gueules.




États du Languedoc
États du Languedoc :

 


argent ; 30 mm

atelier : Monnaie du Louvre ; graveur : Joseph Charles Rôettiers

daté 1765 ; non signé

F.10985 / GP.612f / P.122 / D.281

collection personnelle



a/ tête laurée de Louis XV âgé à droite ;


titulature " LUD.XV.REX - CHRISTIANISS. "



r/ un chérubin assis de face sur un nuage et tenant une palme de la main droite et un écu aux armes des États de la gauche ;


légende en exergue le long du listel " COM.OCCIT.1765 "



Le buste ornant l'avers de ce jeton qui est dû au ciseau de Joseph Charles Rôettiers apparaît en 1761 et fut utilisé sur plusieurs jetons des États du Languedoc. Il est intéressant de noter que ce jeton a été frappé à seulement 3300 exemplaires. Les armes du revers sont celles de la province et se blasonnent de gueules à la croix de Toulouse d'or. Comme toutes les tenues des États du Languedoc depuis 1737, celle de 1765 eut lieu à Montpellier.




J24 - Louis- Auguste de Bourbon, artillerie
J24 - Louis- Auguste de Bourbon, artillerie :



cuivre ; 27 mm

atelier : Monnaie du Louvre ; graveur inconnu



a/ buste cuirassé & drapé de L-A de Bourbon à droite ;


titulature " L. A. DE. BOURBON. D. DU. MAYNE. GRD. ME. DE. L’ARTRIE. "



r/ un canon & une bombarde entourés de boulets devant un trophée d'armes ; à l'exergue " ARTILLERIE. " ;


légende " REGIT IMPERIIS ET FVLMINE "




22€